Adoption de l’intelligence artificielle dans le secteur bancaire français
Par L'équipe rédaction Neety
Publié le février 26, 2026

Alors que l’intelligence artificielle (IA) continue de transformer divers secteurs, les banques françaises explorent activement son potentiel. Que ce soit à travers des partenariats stratégiques ou le développement de solutions internes, les établissements financiers cherchent à intégrer cette technologie de manière efficiente et sécurisée. Découvrez comment certaines des plus grandes banques de France s’adaptent à cette révolution numérique.
L’essentiel à retenir
- Société Générale a opté pour Copilot de Microsoft, abandonnant son propre outil SoGPT.
- BNP Paribas privilégie la souveraineté technologique avec un partenariat étendu avec Mistral.
- BPCE utilise une approche hybride avec sa plateforme d’IA générative MAiA.
Les choix technologiques des banques françaises
La Société Générale a récemment décidé de se détourner de son outil interne SoGPT au profit de Copilot, la suite d’IA de Microsoft. Ce choix, bien que stratégique selon son dirigeant Slawomir Krupa, a suscité des débats en raison de la préférence pour une solution américaine plutôt qu’européenne, en dépit des recommandations de souveraineté technologique de l’Élysée. Selon Krupa, les fonctionnalités actuelles véritablement utiles de l’IA dans la banque sont le traitement de texte, l’extraction de données et le codage.
De son côté, BNP Paribas a choisi de renforcer son partenariat avec Mistral, une entreprise française spécialisée en IA, pour favoriser une approche souveraine. L’accord, prolongé pour trois ans, repose sur l’utilisation d’un cloud privé, garantissant ainsi un contrôle total sur les données et les processus. Hugues Even, chief data officer du groupe, a souligné la satisfaction quant à la qualité des modèles et la proximité des équipes.
Approches hybrides et innovations
BPCE a opté pour une approche hybride avec sa plateforme interne MAiA, qui intègre des solutions développées en interne tout en collaborant avec des géants comme Microsoft, OpenAI et Google. Cette stratégie permet d’utiliser divers modèles tout en maintenant l’indépendance vis-à-vis d’un seul fournisseur.
Par ailleurs, la fintech Sumeria, anciennement connue sous le nom de Lydia, a introduit SIA, un assistant bancaire IA capable d’interagir en langage naturel avec ses utilisateurs. Cette innovation permet de simplifier diverses opérations bancaires via une application mobile, dans le but de réduire les coûts de service client.
Utilisation de l’IA dans les opérations bancaires
L’intelligence artificielle est déjà utilisée par BNP Paribas pour analyser les dossiers de crédit immobilier, évaluer les clients en salles de marchés et détecter le blanchiment d’argent. BPCE, quant à elle, déploie progressivement l’IA auprès de ses conseillers et dans la lutte contre la fraude.
Malgré les avantages, l’adoption de l’IA soulève des inquiétudes concernant l’emploi. Une étude estime que plus de 200 000 postes pourraient être menacés dans les banques européennes. Les dirigeants mettent en avant les gains de productivité et l’amélioration du service client, mais le débat sur l’impact de l’IA sur l’emploi dans le secteur bancaire reste ouvert.
Contexte et enjeux pour les banques françaises
La Société Générale, BNP Paribas et BPCE sont des acteurs majeurs du secteur bancaire français. La première a souvent été au cœur des discussions concernant ses choix technologiques, notamment avec l’abandon de SoGPT en faveur de solutions américaines. BNP Paribas, en tant que première banque française, a fait le choix de la souveraineté avec Mistral, un choix stratégique qui pourrait inspirer d’autres établissements. BPCE, avec son approche hybride, incarne une voie intermédiaire qui pourrait séduire d’autres institutions cherchant à diversifier leurs solutions technologiques tout en maintenant une certaine indépendance.
Les concurrents internationaux tels que HSBC, UBS ou encore Barclays surveillent également de près ces évolutions, cherchant à adapter leurs propres stratégies d’IA pour rester compétitifs sur le marché mondial. La question de la souveraineté technologique face aux géants américains demeure un sujet brûlant pour l’ensemble du secteur bancaire européen.