Les formalités administratives pour domicilier deux entreprises dans un même local
Par Sara S.
Publié le mai 19, 2025

Il est tout à fait possible de domicilier deux entreprises dans un seul et même local, à condition de respecter certaines obligations administratives et juridiques. Que ce soit pour optimiser les coûts, mutualiser les ressources ou simplement par choix d’organisation, cette pratique est encadrée par des règles précises. Voici un tour d’horizon détaillé des démarches à effectuer et des points à vérifier avant de domicilier deux structures à la même adresse.
Est-il légal d’utiliser une seule adresse pour plusieurs entreprises ?
Oui, la domiciliation de deux sociétés dans un même local est autorisée en France. Cela concerne à la fois les structures individuelles (auto-entreprises, EI) et les sociétés (SARL, SAS, etc.). Toutefois, cette possibilité doit répondre à plusieurs conditions, notamment en matière d’usage des locaux, de droits sur l’adresse utilisée, et de transparence vis-à-vis des organismes officiels comme le greffe ou l’administration fiscale.
Il est essentiel que chaque entité dispose d’un droit à domiciliation clair et identifiable. Cela peut passer par un contrat de bail, une autorisation écrite du titulaire du bail ou du propriétaire, ou encore par un contrat de mise à disposition.
Que doit contenir le justificatif de domiciliation pour chaque entreprise ?
Lors de l’immatriculation ou d’un transfert de siège, chaque entreprise doit fournir un justificatif de domiciliation distinct, même si l’adresse est la même. Ce justificatif peut prendre plusieurs formes selon le statut de l’occupant :
- Bail commercial ou professionnel au nom des deux entités (dans le cas d’un co-bail ou d’une colocation d’entreprises).
- Contrat de mise à disposition : un document écrit entre l’entreprise propriétaire (ou locataire principale) des lieux et l’autre société qui y est hébergée. Ce contrat doit préciser les modalités d’usage de l’adresse, la durée, les éventuelles contreparties financières, et les espaces concernés.
- Autorisation du bailleur : dans le cas d’un sous-bail ou d’une occupation commune, le propriétaire doit explicitement valider par écrit l’utilisation du local par plusieurs entités.
Chaque entreprise doit aussi déclarer l’adresse exacte auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) ou via le guichet unique en ligne.
Et si l’une des deux structures est une auto-entreprise ?
Pour une activité en auto-entreprise, les formalités sont légèrement plus souples. Un micro-entrepreneur peut parfaitement domicilier son activité dans un local où est déjà implantée une société, tant que le propriétaire des lieux ou le titulaire du bail l’y autorise formellement. La déclaration se fait en ligne via l’INPI ou en contactant l’URSSAF, avec un justificatif de domicile (contrat, attestation, facture, etc.).
Attention cependant : si le local est une habitation personnelle, il faut s’assurer qu’il n’y a pas de clause restrictive dans le bail ou le règlement de copropriété interdisant l’exercice d’une activité professionnelle à cette adresse.
Quelle signalétique obligatoire pour chaque entreprise domiciliée ?
Même si l’adresse est partagée, chaque entreprise doit pouvoir être identifiée individuellement. Cela concerne :
- La boîte aux lettres, qui doit porter les noms exacts des deux entités.
- Les plaques professionnelles ou enseignes, si l’activité le requiert.
- La gestion du courrier : chaque entreprise doit avoir accès à ses documents administratifs et commerciaux sans confusion possible.
En cas de contrôle ou de vérification postale, cette distinction permet d’éviter les suspicions de domiciliation fictive ou de confusion juridique entre les structures.
Impact au niveau du greffe et de la publication légale
Lors de l’immatriculation ou du transfert de siège social, l’adresse de domiciliation doit être déclarée dans les statuts de chaque société, puis publiée dans un journal d’annonces légales. Si plusieurs entités partagent l’adresse, chacune doit effectuer ses formalités séparément.
Le greffe du tribunal de commerce peut demander à vérifier les pièces justificatives, notamment en cas de suspicion de domiciliation multiple non conforme. Il est donc important d’avoir tous les documents en ordre : contrats, autorisations écrites, attestations d’hébergement le cas échéant.
Cas particuliers : société de domiciliation ou coworking
Si les deux entreprises sont domiciliées dans un espace partagé ou via une société de domiciliation agréée, les formalités sont généralement simplifiées. Chaque structure bénéficie d’un contrat indépendant avec le domiciliataire, ce qui permet une cohabitation administrative parfaitement cadrée.
Les espaces de coworking proposent également ce service, en offrant une adresse juridique à plusieurs entités tout en assurant une séparation claire des activités et des documents.