Google retire sa plainte antitrust contre Microsoft, l’UE prend le relais

Par L'équipe rédaction Neety

Publié le décembre 2, 2025

Google retire sa plainte antitrust contre Microsoft, l’UE prend le relais

Dans un retournement de situation notable, Google a décidé de retirer sa plainte antitrust contre Microsoft, une décision qui survient alors que la Commission européenne s’engage dans une enquête approfondie sur les pratiques de Microsoft. Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les géants de la technologie concernant les règles de concurrence sur le marché du cloud computing.

Résumé en 3 points

  • Google abandonne sa plainte antitrust contre Microsoft en Europe, laissant l’UE mener l’enquête.
  • La plainte portait sur des pratiques de licence autour de Windows Server qui favoriseraient Microsoft Azure au détriment de concurrents tels que Google Cloud.
  • L’UE enquête également sur le statut de « gardiens d’accès » des grands fournisseurs de cloud, ce qui pourrait imposer de nouvelles restrictions.

Contexte de la plainte antitrust

Google avait initialement déposé une plainte contre Microsoft en raison des pratiques de licence de Windows Server, qu’elle jugeait favorables à Microsoft Azure par rapport à d’autres fournisseurs de cloud. Selon Google, ces pratiques rendent l’utilisation de Windows Server jusqu’à cinq fois plus coûteuse sur Google Cloud Platform par rapport à Azure.

Cette situation a soulevé des questions sur un éventuel abus de position concurrentielle de Microsoft pour s’accorder un avantage inéquitable sur le marché. Une enquête similaire est déjà en cours aux États-Unis, et les autorités britanniques ont également reconnu des limitations à la concurrence.

Rôle de la Commission européenne

La Commission européenne a pris l’initiative de mener sa propre enquête sur les pratiques de Microsoft. Cette décision a motivé Google à retirer sa plainte, estimant que l’UE était désormais mieux placée pour examiner cette affaire complexe.

L’enquête de l’UE se concentre non seulement sur Microsoft, mais également sur d’autres grands acteurs du cloud comme Google Cloud et Amazon Web Services (AWS). L’objectif est de déterminer si ces entreprises doivent être considérées comme des « gardiens d’accès » en vertu du Digital Markets Act (DMA), ce qui impliquerait des restrictions plus strictes sur leurs pratiques commerciales.

Accord entre CISPE et Microsoft

En 2022, l’association des fournisseurs européens de cloud (CISPE) avait déjà exprimé des préoccupations similaires concernant les pratiques de Microsoft. Cependant, en 2024, CISPE et Microsoft ont conclu un accord, incluant des concessions de la part de Microsoft assorties d’un dédommagement financier. Google a interprété cet accord comme un moyen pour Microsoft de régler l’affaire sans changer de pratiques.

Enquête approfondie de l’UE

L’Union européenne examine désormais la question de manière plus large, cherchant à comprendre l’impact des pratiques de licence de Microsoft sur le marché global du cloud. Cette enquête pourrait potentiellement redéfinir le statut de certains fournisseurs de cloud en tant que « gardiens d’accès », entraînant de nouvelles obligations et restrictions.

Microsoft et ses enjeux sur le marché du cloud

Microsoft, avec son service Azure, a su s’imposer comme un acteur majeur du cloud computing. L’entreprise a régulièrement été au centre de controverses concernant ses pratiques commerciales, notamment en matière de licences logicielles. Le marché du cloud est hautement compétitif, avec des acteurs comme AWS et Google Cloud qui luttent pour augmenter leur part de marché. En tant qu’entreprise, Microsoft a toujours cherché à intégrer ses solutions de manière cohérente, ce qui a souvent soulevé des questions sur sa capacité à respecter les règles de concurrence, tant aux États-Unis qu’en Europe.

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