Que faire en cas d’attaque de phishing au sein de votre entreprise ?
Par Sara S.
Publié le juin 30, 2025

Le phishing représente une menace majeure pour les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité ou leur taille. Ces attaques utilisent des messages frauduleux, souvent par email, pour tromper les employés et accéder à des données sensibles, des accès informatiques, ou des ressources financières. Une réaction rapide et organisée est indispensable pour limiter les impacts et renforcer la sécurité.
Reconnaître une attaque de phishing : signes et indices à surveiller
La détection rapide d’une tentative de phishing repose sur la capacité à identifier ses caractéristiques. Au sein d’une entreprise, ces emails frauduleux se présentent souvent comme des messages urgents envoyés par un supérieur, un service financier, ou un partenaire externe, invitant à cliquer sur un lien, à fournir des identifiants, ou à ouvrir une pièce jointe.
Les indices les plus fréquents sont :
- Adresses email ou noms d’expéditeur légèrement modifiés ou inconnus.
- Liens qui ne correspondent pas à l’URL affichée, redirigeant vers des sites douteux.
- Messages contenant des fautes d’orthographe ou de syntaxe inhabituelles.
- Sollicitations urgentes, créant un sentiment de pression pour agir sans réfléchir.
- Pièces jointes suspectes avec des extensions inhabituelles (.exe, .scr, .zip).
Former le personnel à reconnaître ces indices est essentiel pour qu’ils signalent immédiatement toute alerte.
Isolation et confinement : stopper la propagation interne rapidement
Une fois un message suspect identifié, la priorité est d’éviter toute contamination supplémentaire. Les employés doivent être instruits de ne jamais cliquer ni ouvrir les pièces jointes d’emails douteux.
Du côté technique, le service informatique doit procéder à :
- L’identification des postes ayant pu interagir avec le message (clic, téléchargement).
- La mise en quarantaine des machines compromises, souvent en les déconnectant du réseau.
- Le blocage des adresses IP, domaines, et serveurs d’envoi associés à l’attaque via les pare-feux et solutions de filtrage.
Ces mesures permettent de contenir rapidement la menace et d’éviter une propagation rapide vers d’autres utilisateurs ou serveurs internes.
Analyse approfondie et remédiation technique
L’équipe IT doit analyser les journaux d’accès et de sécurité pour retracer la source et la portée de l’attaque. Cette analyse inclut :
- La vérification des logs mail pour identifier les destinataires concernés et l’expéditeur réel.
- L’audit des connexions aux systèmes sensibles pour détecter toute intrusion.
- L’évaluation des dégâts potentiels sur les bases de données, applications ou documents partagés.
En parallèle, des actions correctives sont nécessaires :
- Mise à jour des signatures antivirus, antispam et antimalware.
- Application rapide des correctifs de sécurité sur les systèmes et applications vulnérables.
- Réinitialisation des mots de passe des comptes identifiés comme compromis, avec un renforcement des règles (authentification multifacteur si possible).
- Vérification et sécurisation des accès distants (VPN, accès cloud).
La coordination avec des experts en cybersécurité ou des prestataires externes peut s’avérer nécessaire selon la gravité.
Communication interne : informer sans paniquer pour mobiliser
Informer rapidement et clairement tous les collaborateurs est indispensable pour limiter la propagation et instaurer un climat de vigilance renforcée.
La communication doit :
- Expliquer les risques encourus et les comportements à adopter immédiatement.
- Fournir des consignes claires, par exemple ne pas ouvrir les emails suspects, ne pas répondre, ni transférer.
- Mettre à disposition des ressources pédagogiques pour renforcer la détection future.
- Encourager la remontée systématique de tout email douteux vers le service informatique ou sécurité.
Une communication transparente limite les rumeurs, l’anxiété, et encourage la collaboration.
Formation continue et simulations : renforcer la résistance de l’entreprise
Pour réduire durablement la vulnérabilité, il est conseillé de mettre en place un programme régulier de formation et de sensibilisation :
- Sessions pratiques pour reconnaître les techniques d’hameçonnage.
- Exercices de simulation d’attaques de phishing avec retour personnalisé.
- Mise à jour des protocoles de sécurité interne et procédures d’alerte.
Cette démarche améliore significativement la capacité des collaborateurs à détecter et réagir face à des attaques réelles.
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Évaluation des conséquences et plan d’amélioration
Après la gestion immédiate, un bilan approfondi doit être réalisé pour mesurer :
- L’étendue des données compromises.
- L’impact sur la continuité de l’activité (interruption, perte de productivité).
- Les coûts directs et indirects (remédiations, réputation).
À partir de ce diagnostic, un plan d’amélioration est élaboré, comprenant :
- L’acquisition d’outils de détection plus performants.
- Le renforcement des politiques d’accès et authentification.
- L’amélioration des systèmes de sauvegarde et de reprise d’activité.
- La définition claire des rôles et responsabilités en matière de cybersécurité.