Qwant échoue face à Microsoft devant l’Autorité de la concurrence
Par L'équipe rédaction Neety
Publié le novembre 30, 2025

Dans un bras de fer juridique opposant Qwant à Microsoft, l’Autorité de la concurrence a rendu un verdict en faveur du géant américain, rejetant les accusations de pratiques anticoncurrentielles portées par le moteur de recherche français. Ce dernier, qui espérait démontrer un abus de position dominante de la part de Microsoft, voit ses arguments balayés. Retour sur les tenants et aboutissants de cette affaire qui secoue le monde de la recherche en ligne.
Résumé en 3 points
- Qwant a accusé Microsoft de pratiques anticoncurrentielles et d’abus de position dominante.
- L’Autorité de la concurrence a rejeté la plainte, affirmant que Qwant n’a pas fourni d’éléments suffisamment probants.
- Qwant prévoit de faire appel de cette décision, espérant obtenir des conditions plus équitables pour les entreprises européennes.
La plainte de Qwant contre Microsoft
En janvier, Qwant a déposé une plainte contre Microsoft, alléguant que l’entreprise américaine a restreint sa capacité à développer sa propre technologie de recherche et son modèle d’intelligence artificielle. Qwant s’est appuyé sur la technologie de Bing depuis 2016, mais a affirmé que Microsoft imposait des pratiques d’exclusivité et de ventes liées, ce qui, selon l’entreprise française, constituait des conditions contractuelles discriminatoires.
Qwant a également critiqué la hausse soudaine des tarifs d’indexation de Bing en 2023, ainsi qu’un accès inéquitable à la publicité liée aux recherches, un aspect crucial du modèle économique des moteurs de recherche.
Décision de l’Autorité de la concurrence
L’Autorité de la concurrence a jugé que Qwant n’avait pas fourni de preuves suffisantes pour démontrer la position dominante de Microsoft sur le marché de la syndication de résultats. Elle a précisé que Google offre également des services similaires, et que le marché de la publicité liée aux recherches est largement dominé par Google.
De plus, l’Autorité a souligné que Qwant dispose de ses propres capacités de recherche. Selon elle, Qwant est la seule entreprise autorisée contractuellement par Microsoft à développer sa technologie dans ce cadre. En juin 2025, Qwant a même lancé, avec Ecosia, une offre de syndication reposant sur un index commun, ce qui contredit l’idée d’un verrouillage par Microsoft.
Réactions de Qwant et Microsoft
Microsoft a accueilli favorablement la décision, réaffirmant son engagement à offrir des services de recherche en ligne de haute qualité et à encourager l’innovation en France et en Europe. De son côté, Qwant a exprimé sa déception, estimant que la décision minimise l’impact réel des pratiques de Microsoft sur la concurrence.
Malgré cet échec, Qwant a annoncé son intention de faire appel, espérant obtenir une réévaluation des conditions et rétablir une concurrence plus équitable pour les acteurs européens de la recherche en ligne.
Contexte de Qwant
Créé en 2013, Qwant est un moteur de recherche français qui se distingue par son engagement en faveur de la protection de la vie privée des utilisateurs. Contrairement à ses concurrents, il ne trace pas les recherches des utilisateurs et ne vend pas leurs données personnelles à des annonceurs. En s’associant à Bing pour compléter ses résultats, Qwant a cherché à combiner respect de la vie privée et performance technologique.
Malgré ses ambitions, Qwant a rencontré des difficultés financières et techniques, l’amenant à dépendre partiellement de Bing. La récente décision de l’Autorité de la concurrence met en lumière les défis auxquels sont confrontés les petits moteurs de recherche face aux géants du secteur.